vendredi 20 octobre 2017

Charlie Chaplin prédateur sexuel ?




Âgé de 54 ans, Charlie Chaplin épousa Oona O’Neil, âgée de 18 ans. Elle était parfaitement consentante, ainsi que ses parents. Ils eurent huit enfants.

Beaucoup plus tôt – il avait 35 ans – il avait été amené à épouser Lita Grey (alias Lillita MacMurray), âgée de 16 ans, enceinte de ses œuvres. Un refus de sa part aurait permis à un juge de qualifier son attitude de « viol de mineur ». Ils se marièrent discrètement au Mexique le 24 novembre 1924. Le couple eut deux enfants : Charles (qui mourut à 42 ans d’une embolie pulmonaire) et Sydney. Celui-ci fit une carrière honorable dans le cinéma et au théâtre. Il joua avec Barbra Streisand avec qui il se brouilla et obtint un second rôle dans Le Clan des Siciliens.

Charlot avait repéré Lita trois ans avant le mariage. Il lui avait confié le rôle d’un ange dans Le Kid. Elle avait treize ans quand elle succomba aux charmes du génie. D’après les documents du divorce, Charles tenta de la faire avorter, en vain.

Charles trompa Lita du mieux qu’il put et l’obligea à des fellations qu’elle ne proposait pas spontanément. En 1927, elle obtint le divorce assortie de la somme la plus faramineuse de la jeune histoire de Hollywood : 625 000 dollars (15 millions de dollars d’aujourd’hui).

Il n’est pas exclu que le célèbre prénom “ Lolita ” de Nabokov ait été inspiré par celui de Lillita.


Charlie Chaplin prédateur sexuel ?

jeudi 12 octobre 2017

Comment tuer la Sécu




Il y a bien des manières, mais il en est une douce, discrète et hypocrite. Elle consiste à dire au bon peuple qu’on va lui donner du pouvoir d’achat en abaissant, voire en supprimant, les cotisations sociales (et patronales, tant qu’on y est).

Lorsqu’Ambroise Croizat (et non Pierre Laroque ou Alexandre Parodi) crée la Sécu, son objectif est de « mettre fin à l’obsession de la misère ». Soixante-dix ans après, alors que la France s’est considérablement enrichie, la misère est là. Pas seulement son spectre ou son « obsession ».

La droite et la bourgeoisie française – relayés par les médecins libéraux – n’ont jamais accepté la Sécurité sociale. Elles n’ont cessé de lui flanquer des coups de boutoirs pour l’affaiblir et la dénaturer. Un exemple : en 1967, les ordonnances du gouvernement Pompidou, sous De Gaulle, démantèlent la Sécu en séparant des domaines désormais distincts et autonomes : maladie, famille, vieillesse. Le patronat exige et obtient un paritarisme strict entre ceux qu’on n’appelle pas encore systématiquement les « partenaires sociaux » qui auront dès lors le même nombre de représentants dans les conseils d’administration. Les ordonnances suppriment par ailleurs les élections des administrateurs salariés qui seront désormais désignés. En d’autres termes, la Sécu qui gère désormais le salaire différé des travailleurs est dominée par les patrons.

mardi 10 octobre 2017

George Orwell patriote (2)



En 1936, lors de son enquête du côté du Quai de Wigan, Orwell s'était assuré qu'il y avait bien deux Angleterre et il avait fait son choix. Il serait toujours aux côtés de la classe ouvrière contre la bourgeoisie. Vis-à-vis de la working class et des indigents en généralil prendrait donc l’exact contre-pied de Baden Powell, fondateur du mouvement scout, qui les décrivait comme anti-patriotiques et anti-sociaux. En 1940, face au danger totalitaire et à la guerre, Orwell croit de moins en moins en l'urgence, voire en la nécessité, de la révolution nationale ou internationale par la violence, et il souhaite que sa patrie soit une dans la lutte. Alors qu'en 1936 la bourgeoisie, impériale ou non, était responsable de tous les maux, elle est dédouanée en 1940, et Orwell en brosse un portrait bizarrement touchant. Depuis soixante-quinze ans, écrit-il dans Coming Up for Air, la classe dirigeante a perdu de son aptitude à gouverner. Autrefois, dans les colonies, il faisait bon vivre dans le perpétuel été d’avant la guerre des Boers, mais depuis 1920 les fonctionnaires de Whitehall surveillent « chaque pouce de l'Empire » et brident l'initiative. L'horizon impérialiste se rétrécissant, cette bourgeoisie de l’outremer n'a pu se réadapter en métropole. Étant intrinsèquement « moraux », les hommes d'affaires anglais n'ont pu, comme leurs confrères américains (« de vrais bandits ») devenir millionnaires. Et ces malheureux bourgeois, par manque de compétence intellectuelle, n'ont pas sérieusement lutté contre le nazisme dans les années trente car ils n'avaient pas «compris » ce phénomène. Orwell croit d'ailleurs inférer qu'ils n'auraient pas non plus compris le communisme s'il avait frappé à leur porte. Les grands responsables du déclin de l'Empire et de l’essoufflement de la bourgeoisie ne sont pas des gestionnaires surannés à la tête d'un outil de production inefficace se débattant dans un nouveau rapport de forces international défavorable mais, tout simplement, les intellectuels de gauche. Ils ont sapé « le moral des britanniques », ils se sont répandus en attitudes « négatives et récriminatrices » sans faire de « suggestions concrètes ». Et, surtout, ils se sont contentés d'évoluer (ô, surprise, pour des intellectuels !) dans un « monde d'idées ». Mais, Dieu merci, l'Angleterre est désormais, n'en déplaise au Dr Goebbels, une grande famille victorienne, un peu «collet monté », mais unie avec bien peu de « brebis galeuses » en son sein.

dimanche 8 octobre 2017

George Orwell patriote (I)


L’auteur de 1984, l’un des romans politiques les plus sombres du XXème siècle, était un grand optimiste, amoureux de son pays, à l’aise dans son époque, même si, dans ses fantasmes, il aurait préféré vivre au XVIIIème siècle en « joyeux pasteur ». Il conçut son existence comme une œuvre, et son œuvre, d’abord comme la quête d’une écriture (raison pour laquelle j’ai sous-titré mon livre sur Orwell “ vie et écriture ” : (George Orwell, vie et écriture), Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1994). Son inclinaison profonde en tant que personnage public ne fut pas la politique mais la morale. Lorsqu’on étudie l’un des aspects de sa pensée, il faut constamment avoir à l’esprit ces paramètres. Nous sommes en présence d’un homme heureux, d’un écrivain poursuivant, à sa manière, un objectif de modernité, d’un citoyen qui attribuait au peuple anglais des vertus cardinales : gentillesse, loyauté, amour de la tradition, decency (décence, politesse, bonne mœurs), et ce don, pour lui apanage de ses compatriotes, de ne pas se laisser impressionner par les grands hommes, comme Napoléon, Churchill ou Staline.


Raymond Williams a dit d’Orwell qu’il était un auteur bien anglais, éminemment insulaire et cocardier (Orwell, Londres, 1971). On verra que son attitude vis-à-vis de sa patrie a évolué au gré des circonstances personnelles et historiques. Ce qui ne changera jamais, c’est la prééminence du ressenti, de l’esthétique et de la morale, alliée à une conscience aiguë de la rhétorique, elle-même vécue comme une modalité politique du discours et de l’écriture. Ainsi, à l’automne 1940, au début de la guerre, les alliances se nouent et se dénouent. Orwell se demande si le conflit sera purement impérialiste et s’il faudra faire front commun avec la bourgeoisie. Tout en se posant ces questions d’importance, il ne peut s’empêcher d'écouter ses voix et de moraliser : « La nuit qui a précédé le Pacte germano-soviétique, j’ai rêvé que la guerre avait commencé. Ce rêve m’a appris que j’étais de tout cœur patriote, que je soutiendrais la guerre et que je combattrais si possible. Tout cela est enfantin, bien sûr, mais je préfère avoir reçu ce type d’éducation que de ressembler aux intellectuels de gauche qui sont tellement ‘ éclairés ’ qu’ils ne peuvent comprendre les émotions les plus ordinaires. »

jeudi 5 octobre 2017

Patrick Cohen n'a pas vu la Vierge

Il est vrai qu’il travaille beaucoup et qu’il est très savant. Mais il ne sait pas tout. Ce qui ne serait pas grave s’il ne faisait pas semblant de tout savoir et si sa cuistrerie ne s’exerçait pas à l’encontre de – devinez qui ? – Jean-Luc Mélenchon.

Le 4 octobre, dans l’émission “ C à vous ”, la responsable de plateau, Anne-Élisabeth Lemoine, montre Jean-Luc Mélenchon prenant ses fonctions à l’Assemblée Nationale en s’étonnant de la présence du drapeau européen jouxtant (en fait recouvrant) le drapeau français. « Ce drapeau n’a rien à faire en ces lieux, on n’a pas besoin de la vierge Marie », dit Mélenchon. Á défaut de lutter efficacement contre le chômage, c’est Hollande en personne qui avait gadgétisé cet étendard en l’imposant dans les murs de la représentation nationale.

L’émission “ C à vous ” avait décidé de revenir brièvement sur cet épisode car les députés de la France Insoumise, éventuellement soutenus par ceux du Front National (c’est comme ça), voulait faire passer une motion interdisant désormais le drapeau étoilé. Cette motion ne franchit malheureusement pas les murs de la commission idoine.


vendredi 29 septembre 2017

Les JO de Paris au prix de la mort de langue française




Ils étaient huit à Lima pour représenter la candidature de Paris. Cinq d’entre eux :  Valérie Pécresse (résidente de la région Île-de-France, ancienne ministre de droite), Guy Drut (ancien champion olympique, ancien ministre de droite), Tony Estanguet (triple champion olympique de canoë), Youssef Halaoua (vidéaste), Anne Hidalgo (maire solférinienne de Paris), se sont exprimés en anglais alors que le français est la première langue officielle de l’olympisme et que, lorsqu’il y a conflit entre la traduction d’un document en français et en anglais, c’est la version française qui fait foi.

Techniquement parlant, s’exprimer en anglais n’a aucun intérêt pratique car des traductions simultanées sont systématiquement offertes.

Hidalgo avait déjà foulé aux pieds le français avec son slogan « Made For Sharing » affiché en lettres lumineuses sur la Tour Eiffel en février.

Les susnommés ont lâché le français en rase campagne pour la langue de la pub, mais aussi de la CIA et de Lehman Brothers.



Les JO de Paris au prix de la mort de langue française


samedi 23 septembre 2017

Au jour d’aujourd’hui



 J’assistais récemment à un exposé d’une proviseuse de lycée sur la bonne marche de son établissement. Femme d’expérience, cette responsable s’exprimait avec aisance. Elle défendait l’école publique avec conviction (à Lyon, de par la faute de Collomb, le privé a le vent en poupe). Elle s'inscrivait en gros dans la mouvance Vallaud-Belkacemienne (des mauvaises langues murmuraient qu'elle préparait la fusion de son établissement avec un plus gros, mutualisation des moyens obligeant). Son discours était précis, clair, mais parsemé de tics de langage qui laissait bien entendre que, malgré sa maestria, elle ne contrôlait pas tout et que, comme disait Lacan, elle était dans la langue. Nous eûmes droit, ad nauseam, à l’anglicisme totalement inutile et appauvrissant « dédié », à « problématique » à la place de « problème » et, à de nombreuses reprises, l’expression « au jour d’aujourd’hui ».


Attestée dès le début du XVIIIe siècle, cette locution est doublement redondante. C’est une tautologie puisque dans « au jour d’hui », « hui » signifie « le jour présent».