samedi 14 septembre 2019

Il paraît que Gérard Collomb fut agrégé de lettres classiques


En fait, il ne paraît pas. C'est une certitude. Et il en eut d'autant plus de mérite qu'il était issu d'un milieu très modeste. C'était l'époque – la mienne – où un fils de femme de ménage et d'ouvrier-métallurgiste (cégétiste) pouvait, par ses dons et son travail, passer au travers des mailles serrées du filet d'une école en fait conçue pour la bourgeoisie.

On ne peut pas ne pas s'étonner qu'une fois devenu maire de Lyon Collomb ait battu tous les records, au niveau de la com', de la pub et du buzz, en terme d'américanisation de la ville. D'où, par exemple, cette proclamation en sabir atlantique : “ Le New York Times [ah, le New York Times !] place Lyon dans le top 50 mondial des lieux à visiter en 2019." Plus près de 50 que de 1 ? La pub ne le dit pas.

dimanche 8 septembre 2019

Sur un questionnement de Lilian Thuram



Le footballeur Lilian Thuram s’est exprimé récemment en ces termes sur la dichotomie Blancs/Noirs : « Il y a du racisme dans la culture blanche. Les Blancs pensent être supérieurs. Les Noirs ne traiteront jamais les Blancs de cette façon. » Thuram réagissait, entre autre, au comportement ignoble de spectateurs de matchs de football qui poussent des cris racistes quand un joueur noir prend possession du ballon (il faisait en l’occurrence allusion aux supporters italiens, ceux de Rome étant champions en la matière).

Bien que Thuram mène, depuis qu’il a raccroché les crampons, un combat inlassable contre le racisme, dans le foot et dans la société, son propos pose de gros problèmes.

Il faudrait d’abord définir, ce qui me semble impossible, ce qu’est la culture « blanche ». Pendant des siècles, la peinture européenne fut d’inspiration chrétienne, pas blanche. Victor Hugo devint un écrivain progressiste, pas un écrivain blanc. Par ailleurs, est-ce que la couleur de la peau soude les gens ? Qu’y a-t-il de commun entre telle femme de service dans une école maternelle et le propriétaire de LVMH ? Rien, sauf pour Thuram peut-être, qui voit en elle et lui deux personnes blanches.

jeudi 5 septembre 2019

Dans le centre de la France, mourir, la belle affaire. Souffrir...




Il y a une quinzaine d’années, je me trouvais du côté de Cosnes-sur-Loire (qui s’appelle désormais Cosnes-Court-sur-Loire, les connes du pays ne devaient peut-être pas aimer). Un dimanche, je me blesse sans gravité. Je cherche un lieu où me faire soigner. Le vrai binz! Il me fallut au moins deux heures pour trouver un endroit médicalisé idoine où l’on m’expliqua qu’en effet je me trouvais en plein désert.

La situation ne s’est pas améliorée. Avec Sarkozy, Hollande et Macron, il ne fallait surtout pas rêver !

Je viens de lire les mésaventures d’un couple de sexagénaires qui auraient pu finir tragiquement. En rentrant de chez des amis, l’épouse se plaint d’horribles maux de têtes, quelques jours après avoir été prise en charge pour un AVC. Elle vomit, au bord de l’évanouissement. Son mari appelle les pompiers qui le redirigent vers le SAMU.

mardi 27 août 2019

Un centre de soins de suite privé bientôt au CHU de Poitiers




Le site de la Milétrie pourrait accueillir une nouvelle unité de 160 à 200 lits de soins de suite et de réadaptation. Un projet impulsé par un groupe privé dans l'enceinte de l'hôpital public.


Michèle Barzach n’aura pas été bien longtemps ministre de la Santé (de 1986 à 1998 sous Chirac). Mais elle aura fait bien du dégât. Une semaine après la catastrophe de Tchernobyl, elle déclare, du haut de se science de gynécologue et de psychanalyste, que le nuage radio-actif n’a pas contaminé la France et que les femmes enceintes n’ont aucune précaution à prendre. C’est également sous son autorité que que le secteur privé a pu prospérer – suivant en cela l’exemple allemand – dans l’enceinte des hôpitaux publics.


Sous le banquier éborgneur, aucune chance que la tendance s’inverse. Au CHU de Poitiers, les patients qui subissent une IRM ou un scanner le font dans le cadre d’une structure publique-privée, cofinancée et cogérée par le centre de radiologie Pictavix.

mardi 6 août 2019

Rébecca Gensane interviewée par La Dépêche du Midi



Rébecca Gensane, âgée de 15 ans et citoyenne d'honneur de la ville d'Auch est double championne de France de natation. Elle fêtait ses titres vendredi soir au Salon.

Rébecca Gensane savoure à Auch, la ville où elle est citoyenne d'honneur après un baptême républicain à ses un an, un repos bien mérité. Elle vient de remporter, à force de sérieux et d'entraînement, un titre de double championne de France de natation, dans la catégorie Espoir, soit les moins de 15 ans. Elle avait remporté plus tôt dans l'année le titre de championne de France junior en mars. Un joli triplé.

Sa spécialité ? Rébecca est une «demi-fondeuse», à savoir qu'elle excelle dans les 200 et 400 mètres, en quatre nages. Elle remporte ainsi son titre de championne de France de 400 m quatre nages avec son meilleur chrono de tous les temps, soit 4' 57”34. Ce qui lui fait dire qu'elle était «davantage contente de la performance que du titre en lui-même.» Elle remporte aussi la médaille d'argent pour le 200 m papillon.

C'est donc un travail quotidien de natation et de préparation physique qui a payé pour la jeune fille. Elle s'entraîne quotidiennement pendant minimum 1 h 30, dans la ville où elle réside, Lyon et suit une préparation physique deux fois par semaine.

Pendant ces séances, «on souffre forcément et on apprend à accepter la douleur, être prête pour elle», explique-t-elle. Elle apprend aussi à «améliorer ses mouvements, les parties non nagées, virages et coulées, la nage elle-même…» Mais aussi «les enchaînements de nage, savoir changer et s'adapter le plus rapidement possible à la nage suivante.» Enfin, elle travaille sa «résistance», poussée par son entraîneur Etienne Janiaut, de Lyon Natation Métropole.

L'année prochaine, elle poursuivra sa passion en sport-études à Font-Romeu, repérée par l'entraîneur Philippe Schweitzer. «Ça fait plaisir, cela veut dire qu'il a vu un potentiel, forcément ça flatte», confie-t-elle. Elle pourra davantage s'y entraîner et à des horaires qui correspondent aux horaires de compétition.

Elle a d'ailleurs déjà fait un premier stage là-bas, sélectionnée avec d'autres jeunes comme vivier olympique. «On nous a dit qu'avec nos chronos, à nos âges, si nous poursuivons sur notre lancée, nous pourrions être aux Jeux Olympiques de 2024.» C'est désormais l'objectif qu'elle poursuit. Rébecca a commencé la natation à 4 ans. Aujourd'hui, elle aime ce sport car «se dépasse physiquement, va chercher le meilleur d'elle-même.» «On est à la fois tout seul, avec la sensation d'êtrLe dans sa bulle et de pouvoir réfléchir, et en même temps on fait de belles rencontres en équipe. Nous devenons parfois adversaires mais jamais ennemis.»

Rébecca est arrivée à Auch pour y passer ses vacances, avec ses parents. Sa mère Nathalie y est née et ses grands-parents y résident toujours. Elle apprécie donc de pouvoir «décompresser», ici, entre du temps passé avec ses grands-parents et des séances à Ciné 32.

L'accueil réservé au Salon vendredi soir, en présence de Fabrice Elasri, président du Cercle des nageurs auscitains, pour fêter ses victoires n'aura certainement fait que la convaincre qu'Auch est bien le lieu où elle est bien citoyenne d'honneur.


Gaëtane Rohr
Rébecca Gensane interviewée par La Dépêche du Midi
Rébecca Gensane interviewée par La Dépêche du Midi
Rébecca Gensane interviewée par La Dépêche du Midi
Rébecca Gensane interviewée par La Dépêche du Midi

Pudibonderie et censure zuniennes


Une photo magnifique d'une mère allaitant son petit enfant. Avec cette mise en abyme merveilleuse de la vache et du veau.

Cette photo a été censurée des centaines de fois par Facebook.

Christine Laforet, qui l'a republiée, nous dit qu'elle représente l'amour maternel, la douceur, la sérénité. Trop violent pour des citoyens d'un pays qui a déversé des centaines de millions de tonnes de bombes de par le monde.

Pudibonderie et censure zuniennes

vendredi 19 juillet 2019

Pierre Serna. L’extrême centre ou le poison français, 1789-20192019



En tant qu’historien, Serna (proche politiquement de Jean-Luc Mélenchon et collaborateur régulier de L’Humanité) opère, dans les deux sens, un aller et retour permanent entre le passé et le présent. L’historien « débusque dans le présent des formes rejouées, renouvelées, réinventées du passé. » Il montre que, depuis la Révolution française, notre pays s’épuise, non dans l’affrontement droite gauche, mais sous le poids de l’extrême centre. Avec le banquier éborgneur, la situation est devenue paroxystique. Pour l'historien, en effet, l'extrême centre est un mode de gouvernement qui prône une politique modérée conduite par un exécutif autoritaire.

Nous vivons désormais avec un pouvoir qui se veut courtois sous les lambris de l’Élysée mais brutal et policier au ras du sol : des centaines de personnes ont été blessées à vie par l’utilisation de tirs de balles de défense le plus souvent à hauteur du visage, sur ordre du banquier éborgneur. Les classes laborieuses sont redevenues des classes dangereuses. Le chômeur est aux limites de la délinquance, un “ Gaulois réfractaire ” qui n’a qu’à traverser la rue pour trouver du travail. Les manifestants sont des jaloux sans conscience politique de bon aloi. Pour leur apprendre la vie, en mars 2019, 19 personnes avaient perdu un œil, 4 mains avaient été arrachées par des explosifs, 3 000 personnes avaient été blessées, 9 000 cartouches de LBD (arme de guerre) avaient été tirées par les forces de l’ordre. On comptait par ailleurs une octogénaire tuée, vraisemblablement, par un tir policier. Du jamais vu depuis 150 ans. Pleure dans ta tombe, Germaine !